Kismet par Benoit B. et Celler 9+

Pour cet accord de Mars, nous proposons une association entre le premier LP ambiant et downtempo « Kismet » de Benoit B et le pétillant naturel de Xarel Lo du domaine catalan Celler 9+.

Après avoir proposé plusieurs releases remarquées notamment sur Into The Light, Versatile et Animal Records, le boss de Banlieue Records a sorti son premier album tant attendu le mois dernier sur Natural Selections :

« un journal de nouvelles de rêves recueillies entre Berlin et Athènes. « Kismet » est un reflet complet du style ludique et inimitable du producteur français, un savant équilibre entre chaleur analogique et précision numérique résultant en une fantaisie lucide. Mélangeant des nappes subaquatiques et des tambours argentés tranchants dans des arrangements très détaillés, Benoit B emmène l’auditeur dans un voyage singulier à travers sa signature sonore. »

Essentiel pour les fans de Ryuichi Sakamoto, YMO et Art Of Noise.

Certaines pistes planent, suspendues, persistantes. À d’autres moments, on peut apprécier des beats breakés et des séquences de pads angéliques. C’est autant une démonstration de la conception sonore exquise de Benoit B que de ses talents d’écriture de chansons rêveuses et réconfortantes. Il y a un élément humain planté fièrement dans ce jardin électrique qui nous offre guérison et optimisme à travers l’incertitude du présent. Une écoute enveloppante et transportante qui devrait apaiser l’âme, stimuler la pensée et élever l’esprit.

Kismet par Benoit B,
Illustration par Jean-Pierre Lyonnet

Celler 9+, voyage en Tarragone

Tout a commencé en 2010 lorsque Celler 9+ a été créé à La Nou de Gaià, dans la région de Tarragone. Les 17 hectares de vignes étant cultivés en agriculture biologique, tout comme leurs oliviers et leurs caroubiers.

Le domaine travaille à faire des vins conscients pour pouvoir en profiter en famille, entre amis ou avec soi-même, sans craindre les conséquences d’un vin mal fait. Ils cherchent à rendre chaque chose juste et parfaite dans son domaine…

Vignes de Cartoixà en Mai 2019

La cuvée est issue de vieilles vignes de Cartoixà – comme on appelle la variété Xarel·lo dans le Baix Gaià. La brise marine permet une magnifique et constante maturation des raisins, évitant la surmaturité et les sols sont sablonneux et peu fertiles. Une fois vendangés, les raisins sont débardés et pressés. Le lendemain, le moût propre est séparé et fermenté pendant environ 15 jours à une température d’environ 14-15ºC. La fermentation continuera en bouteille selon la méthode ancestrale. Il sera élevé pendant un minimum de 15 mois. 

À la dégustation, on note une belle intensité et une magnifique expression de fleurs blanches. Ses fines bulles accompagneront à merveille les notes aquatiques et baléariques de Kismet. Un accord qui annonce joliment le printemps.

Le domaine des Ardoisières

Le domaine des Ardoisières a été créé en 1997 sous l’impulsion de Michel Grisard (également Prieuré Saint Christophe), qui souhaitait faire revivre le vin sur les Côteaux de Cévins. En effet, en -120 avant J-C, les romains avaient trouvé de la vigne en arrivant dans la région. 

Plusieurs années se sont écoulées entre le démarrage du projet et les premiers rendements. Il aura fallu couper les bois qui occupaient les futures parcelles, planter la vigne, et attendre encore pour voir les premières grappes de raisins. Après cinq années de travail acharné, 2002 est l’année de la première production. Avec ses 22 hL, elle est anecdotique. 

Domaine des Ardoisières en hiver

C’est l’année suivante qu’a lieu une grande rencontre pour les vins Savoyards. Celle de Brice Ormont, ingénieur agronome de formation et aujourd’hui propriétaire du domaine, avec Michel Grisard. Brice Ormont, champenois d’origine cherchait à s’installer sur des terres « propres » où il pourrait conduire ses travaux en biodynamie. Entre les deux hommes, « It’s a match ! » tant leurs visions du travail des sols et de la vinification sont alignées. Michel Grisard propose alors à Brice Ormont de s’associer pour 10 ans. Finalement, en 2010, Brice Ormont devient le gérant majoritaire, Michel Grisard prenant tout doucement sa retraite.

En 10 ans de collaboration, les deux compères ont planté de nombreux cépages, parfois venus d’ailleurs, parfois autochtones, certains parmi les grands classiques de Savoie, d’autres beaucoup moins connus. 

Pour les blancs : jacquère, roussanne, altesse, mondeuse blanche, chardonnay et malvoisie

Et Pour les rouges : Mondeuse noire, gamay et persan

Brice Ormont conduit aujourd’hui 13 hectares de vigne en biodynamie. 

Le domaine jouit d’une grande diversité de sol sur deux grands coteaux (Cevins et Saint Pierre de Soucy)

Roche métamorphique de type micaschiste, sol limono-sablonneux et rarement argileux pour les Coteaux de Cevins. Roche sédimentaire, marnes schisteuses du jurassique, sol argilo-calcaire pour les Coteaux de Saint Pierre de Soucy.

Aux Ardoisières, on apporte un très grand soin à la qualité du raisin pour avoir le moins d’intrants lors des vinifications. Ainsi, les vins se veulent le reflet parfait du terroir local, et même de chaque parcelle. 

Travail de la terre des Ardoisières

Les vendanges sont réalisées à la main. Pour les blancs, elles sont faites en plusieurs fois, en fonction des maturités des différents cépages et de leurs caractéristiques propres. Suit un débourbage léger à froid, puis les moûts sont entonnés en cuve ou en barriques selon les cuvées. C’est là qu’a lieu la fermentation alcoolique à l’aide de levures indigènes (ces souches particulières à chaque parcelle favorisent l’expression du terroir). La fermentation malolactique n’est pas réalisée systématiquement et les vins sont ensuite élevés 9 à 18 mois avant d’être soutirés et mis en bouteilles.

3 cuvées : 

Argile (Jacquère, Mondeuse, Chardonay)

Quartz : 100% Altesse 

Schiste : Jacquère/Roussanne

Pour les rouges, les vendanges se passent de la même manière qu’avec les blancs. Ensuite, les raisins sont mis en cuve ouverte sans égrappage (vendange entière), avec le souci de préserver au maximum leur qualité. La fermentation alcoolique s’effectue avec des levures indigènes propres au terroir de chaque parcelle, comme pour les blancs. Le décuvage et pressurage est réalisé après deux à trois semaines de macération, selon les millésimes. Suit la fermentation malolactique puis l’entonnage des vins en cuve ou en barrique, où ils séjourneront autant que les blancs, de 9 à 18 mois.

2 cuvées : 

Argile : Gamay Mondeuse, Persan

Améthyste : Persan, Mondeuse

Aux Ardoisières, le choix de la qualité et la longueur des bouchons est essentiel, pour favoriser l’aptitude à la garde longue.

Depuis peu, le domaine a créé la « Maison des Ardoisières », une structure de négoce visant à proposer des vins à des prix plus « accessibles ». Le domaine achète des raisins bio à des domaines voisins et les vinifie selon ses méthodes. Parmi les cuvées produites, on trouve Silice, dispos chez Cadi et Cadence en blanc et en rouge.

Loveshadow x Ronds rouges

Pour cette première association automnale, nous avons choisi la dernière sortie du fameux label indépendant hollandais Music From Memory. Fondé en 2013 par Abel Nagengast, Jamie Tiller et Tako Reyenga, il nous présente le duo Loveshadow, basé à San Francisco et son premier album éponyme. 

L’histoire de Loveshadow

Anya et Izaak se rencontrent en travaillant dans un café de Oakland en 2016. Les deux californiens se lient au travers d’une musique du groupe disco 80s Aurra alors jouée à la radio. Très vite, ils se mettent à écrire de la musique ensemble et dessinent petit à petit les contours de leur univers, savourant tous les deux le pouvoir réparateur de créer et d’écouter de la musique. Anya pense et chante les textes, Izaak est aux synthétiseurs, basses et percutions.

Enregistré principalement dans la baie de San Francisco mais également lors de voyages à New York, Chicago et à Portland, l’album Loveshadow est une ode à la musique sur laquelle ils se sont rencontré et à leur amour, leur amitié.

Ce LP invite définitivement au voyage entre ambiant dreamy et aquatique, vaporwave envoutante, DIY Funk, indie pop et synthétiseurs 80s.

Pour s’associer à cet album à la fois d’une fraîcheur croquante et d’un rétro assumé, nous avons choisis la cuvée Ronds Rouge d’Olivier Cohen. 

Les Ronds Rouges d’Olivier et Jean

Oliver s’est installé à Argelliers, Languedoc en 2014, sur les terrasses du Larzac, pour vivre sa passion. Néo-vigneron engagé, il propose des vins biologiques et naturels et travaille également dans une démarche biodynamique et permaculturelle.

Visite des vignes par Jean avec l’équipe de Cadence

Quand nous sommes allés le rencontrer début 2021, il nous avait présenté avec fierté ses différentes méthodes de travail, à l’image notamment des gentils petits moutons d’Ouessant, qui désherbent les pieds des vignes sans abimer les raisins cultivés en pergola. 

Les cuvées des Vignes d’Olivier sont franches et fraîches, avec une personnalité affirmée. Sans risque de se tromper, on peut parler de vins de joie. A l’image du vigneron, et de Jean, pour présenter le travail d’Oliver et de Jean qui l’accompagne maintenant depuis quelques années

Les Ronds Rouge, c’est un rosé foncé ou rouge très clair. Un assemblage de Syrah, Grenache et Cinsault. Frais, vibrant résolument gourmand. La cuvée est vinifiée en grappe entière avec une macération de 10 jours puis élevée en cuve fibre 6 à 7 mois. Les vignes sont cultivées sur un terroir argilo-calcaire.

Avec Loveshadow et Ronds Rouge, nous avons une association fraiche, croquante, assumée et sincère. Une association à emporter, lorsque l’été touche à sa fin et refuse encore de mourir, traînant comme un souvenir mauve. Un accord qui appelle à une nuit d’amour sur la plage lors d’un été indien ou sur un tapis de feuilles humides et orangées que l’automne a commencé à faire tomber. 

Les chais du port de la lune

Il y a quelques semaines, nous avons eu la chance de rencontrer Laurent Bordes, fondateur des chais du Port de la Lune, lors de son passage à Paris. Le moins que l’on puisse dire c’est que quand Laurent est là on ne s’ennuie pas… un vigneron à l’image de ses vins, vivant, et qui dépoussièrent complètement l’image des vins de Bordeaux.

En 2019, Les Chais du Port de la Lune lançaient une série de cuvées en lien avec le rythme et la musique, dont un superbe blanc, frais et tendu, qui répondait au doux nom de Cadence… Vous imaginez bien qu’on a voulu goûter pour pas mourir idiots. Et puis, Cadence chez Cadence, ça envoie, ça balance !

Laurent Bordes, l’oenologue des Chais du Port de La Lune

Laurent est à l’origine du premier chai urbain de Bordeaux. Il achète des raisins bio ou en conversion biologique, avant de les vinifier le plus proprement possible dans un blockhaus de la seconde guerre mondiale, en pleine ville. Des vinifs en plein Bordeaux, on n’avait pas vu ça depuis des décennies. Sa philosophie, c’est mettre l’œnologie au service de l’artisanat. Pour lui, un œnologue c’est un peu comme « un artiste capable d’écouter la nature et d’en maîtriser les réactions. »

Œnologue de formation, Laurent a pas mal baroudé, puis a embrassé son penchant pour la viticulture. Avant d’installer ses cuves dans un blockhaus Bordelais, il s’est forgé une solide expérience. Du domaine familial en côtes de Bourg, aux très grandes maisons de Pommerol, en passant par la fameuse Napa Valley aux Etats Unis. Il a pris le temps de façonner son projet et a réussi à sortir, dès sa première année, un millésime super prometteur. Nous, on adore !

Laurent Bordes, oenologue des Chais du Port de la Lune

Les cuvées

Les Chais du Port de la Lune c’est 3 millésimes depuis 2018, avec une petite vingtaine de cuvées éphèmeres au compteur d’en moyenne 2500 bouteilles.

Ce chasseur-cueilleur version 2.0 sillonne le vignoble Français, et surtout Bordelais à la recherche des raisins parfaits. Souvent, il se tourne vers des cépages peu connus du grand public comme le Colombard ou le Gros Manseng pour réaliser des vins atypiques aux assemblages inédits.

Le domaine achète aujourd’hui des raisins à une dizaine de vignerons en France (souvent des copains de longues), à un prix équitable, respectueux du travail des vignerons fournisseurs. Cela leur permet de mieux conduire leur vignoble pour viser une qualité de raisins toujours meilleure, et pour faire perdurer dans le temps cette relation fournisseur/négociant. L’idéal pour Laurent étant évidemment de pouvoir acheter d’une année sur l’autre les mêmes raisins, provenant des mêmes parcelles, pour le suivi et l’amélioration des cuvées.

Les vinifications se font avec le moins d’intrants possibles et dans le plus grand respect de l’environnement, avec des doses de sulfites infimes…juste pour dormir tranquille.

Dispo chez Cadence

La cuvée Grain, rouge (75% Grenache 25% Gamay), Dirty Dancing (pétillant naturel, 100% Colombard) et bien sûr, la fameuse cuvée Cadence en blanc (75% Gros Manseng 25% Colombard). Si cette histoire de chais urbain a attiré votre attention, ne tergiversez pas trop longtemps… les stocks sont limités !

Obsolete de Dashiell Hedayat & A capella du Domaine Loberger

Par Jeremie, accord pensé avec Dave ( Bigwax Records )

Obsolete, sorti en 1971 sur le label Shandar, est un album mythique de rock progressif-psychédélique.

Il a été enregistré au château d’Hérouville dans le Val d’Oise, endroit où le tout Paris du cinéma et de la musique venait passer ses weekends à l’occasion de fiestas complètement locas. Ce château – studio a été créé par le grand Michel Magne, frère de Charles, artiste inclassable et surdoué de la composition, à l’origine de la BO des tontons flingueurs notamment. David Bowie, Elton John et les Bee Gees également ont enregistré à Hérouville.

Dashiell Hedayat est accompagné sur cet album par l’incroyable band Gong et par l’auteur William Burroughs.

Chrysler, titre le plus connu de l’album, programmé sur Nova depuis toujours, évoque une voiture rose abandonnée faisant office de nid d’amour. On y retrouve une guitare psyché, une batterie haletante, une basse enivrante, et la patte Gong qui rappelle le ronronnement du véhicule.

Chrysler (rose)

Daniel Théron (1947-2013) sortira cet unique album sous le pseudonyme Dashiell Hedayat. Il officiera également sous le pseudonyme de Jack Alain Leger en tant que romancier, auteur de “Monsignore I & II”, bestseller d’envergure mondiale adapté à l’écran, mais aussi du Siècle des Ténébres.

En bref un grand Monsieur et un album référence de rock psyché sorti en cette fabuleuse année 1971.

Pour accompagner cet album, on part sur la cuvée A Capella du domaine Loberger, un joli Riesling de macération d’Alsace.

Vous nous direz que sur Obsolete, il n’y a pas de voix a capella. C’est vrai. Mais c’est nous qui fait les accords, donc on faisons ce qu’on veut.

En 1984, Jean-Jacques LOBERGER prend la tête de l’exploitation de huit hectares et se tourne vers l’agriculture biologique et biodynamique.

Travail du sol, vendanges manuelles scrupuleuses et faibles rendements donnent à ses vins autant d’équilibre que de personnalité. Le Domaine fait partie du petit cercle des vignerons-récoltants exclusifs : ils vendent leur propre production.

Sans intrant chimique de la vigne au chai, respectant les préceptes de la biodynamie, le vigneron prépare des tisanes de plantes et des préparations homéopathiques pour dynamiser le sol et la vigne.

Après trois semaines de macération en grappe entière, ce vin orange se pare d’une superbe robe dorée. Ambiance haute couture. Nez sur la bergamote, la pêche jaune, puis le tilleul et le thym. Les tanins sont élégants et fondus. Donne-t-il envie de se réfugier dans une voiture rose pour en faire son nid d’amour ? Ce sera à vous de le dire. Mais avec cette association orangée, acidulée comme les seventies, le voyage est assuré. Vous embarquez aux côtés de deux artistes qui proposent une approche globale, qualitative et complexe de leurs arts. Il faut essayer ! Et peut-être reprendrez-vous à Capella les aventures de cette Chrysler abandonnée.

Domaine Giachino

Par Paul

Qui a dit qu’on ne pouvait pas découvrir la Savoie en Juillet ?

Après notre passage dans le Roussillon le mois dernier, cap sur la Savoie, au pied du parc régional de la Chartreuse, chez David et Frédéric Giachino.

Le nom sonne italien, mais nous sommes toujours du côté français des Alpes, dans un domaine où les vignes s’étendent sur les coteaux du Mont Granier, tout près d’Apremont.

La famille de Frédéric et David travaille depuis plusieurs siècles en polyculture agricole dans cette vallée du Grésivaudan. Sur les riches terres de plaine, ils cultivent des céréales, des noix, des fruits. Et sur les coteaux ensoleillés… vous avez deviné ? De la vigne !
En 1988, Frédéric se dit que deux siècles de culture céréalières, ça commence à bien faire. Il reprend alors les vignes de son grand père Marius GENTON, qui représentent alors 1,5 Ha de surface. Sans oublier la richesse des cépages existants en Savoie, il plante de nouvelles variétés chaque année ou presque. 

Aujourd’hui l’exploitation compte quelques grands cépages savoyards : Mondeuse, Gamay, Persan, Roussette, et Jacquère auxquels viennent se rajouter plusieurs cépages autochtones connus comme la Verdesse et d’autres toujours non reconnus. Le domaine compte aujourd’hui 9 hectares dont 6 consacrés essentiellement à la production du vin le plus typique du terroir : la jacquère.

Leurs démarches

Ayant commencé par des méthodes de travail classiques lors de la reprise de l’exploitation, Frédéric a progressivement œuvré pour aller vers une culture raisonnée. Aujourd’hui, il est dans une démarche complètement naturelle. Les désherbants, produits de synthèse et autres insecticides ont complètement disparu depuis une quinzaine d’années. Aujourd’hui on n’utilise que des tisanes et des huiles essentielles pour traiter les attaques des nuisibles. Selon eux, depuis ce moment-là, les vins n’ont cessé de s’améliorer et de gagner en authenticité.

Rapidement, David, le frère de Frédéric, rejoint le projet. Il apporte l’expérience qu’il a acquise avec d’autres domaines. En 2015, c’est au tour de Clément, le fils de Frédéric, de rejoindre l’aventure. Les vins Giachino sont plus que jamais une affaire de famille. A trois, plus rien ne les arrête. Grâce à cette paire de bras supplémentaire, ils reprennent le vignoble du Prieuré Saint Christophe de Monsieur Michel Grisard : pionnier dans la bio en Savoie, grand défenseur de cépages rares et vinificateur hors pair. Ce ne sont pas moins de 6,5ha qui viennent s’ajouter à l’exploitation, avec son lot de cépages inconnus au bataillon comme la Roussette sur Cruet, l’Arbin ou la Freterive.

Parlons vendanges

Chez les Giachino, elles se font évidemment à la main dans le but «  de préserver l’intégrité du raisin jusqu’à la pressée ». Petite particularité du domaine : les vendanges s’étalent sur un mois afin d’atteindre la maturité parfaite aussi bien sur les cépages dits précoces (gamay, roussette) que sur les plus tardifs (jacquère, mondeuse).

Tout le travail effectué proprement à la vigne au cours de l’année jusqu’au vendanges permet d’éviter le recours à des adjuvants ou des produits de vinification en cave.

Les vins sont donc propres de bout en bout. Un peu de souffre peut parfois être ajouté mise en bouteille, sous sa forme gazeuse, forme la plus naturelle possible.

Les raisins blancs sont écrasés par pressurage pneumatique lent et doux. Les cuves sont thermorégulées à 5 degrés afin d’opérer un débourbage (clarification du moût) lent et naturel. Cette technique permet de diminuer radicalement, voire d’éliminer l’ajout de sulfites : le vin se conserve tout seul.
Huit à dix jours plus tard, Frédéric et David procèdent au soutirage du clair, qui va fermenter avec ses propres levures indigènes (naturellement présentes sur les grappes)
La température est maîtrisée à 15 degrés pour extraire le maximum d’arômes

Les vins rouges eux, sont  encuvés à la main en grappes entières.
La macération dure entre 10 et 20 jours, en fonction du cépage et du millésime. Durant cette période, des remontages quotidiens sont opérés. A l’issue de cette macération, on décuve à nouveau en caisses avant le pressurage.

Nous sommes venus, nous avons bu, nous sommes convaincus ! Et grande nouvelle ! Nous avons pu remonter quelques cuvées du domaine, disponibles au resto (5 au total : 2 blancs, 2 rouges et 1 orange).

Ces vins à part, d’une grande finesse, vous ferons oublier le cliché des vins de Savoie râpeux qu’on claque sur une raclette.

Quand ils dégustent leurs vins, les Giachino attribuent un « coefficient bonheur » à chaque cuvée. Et sur ce domaine, c’est peut-être ça le fil conducteur :  le bonheur…

Photographe : Nathalie Coevoet, www.natmedia.fr