Le domaine des Ardoisières

Le domaine des Ardoisières a été créé en 1997 sous l’impulsion de Michel Grisard (également Prieuré Saint Christophe), qui souhaitait faire revivre le vin sur les Côteaux de Cévins. En effet, en -120 avant J-C, les romains avaient trouvé de la vigne en arrivant dans la région. 

Plusieurs années se sont écoulées entre le démarrage du projet et les premiers rendements. Il aura fallu couper les bois qui occupaient les futures parcelles, planter la vigne, et attendre encore pour voir les premières grappes de raisins. Après cinq années de travail acharné, 2002 est l’année de la première production. Avec ses 22 hL, elle est anecdotique. 

Domaine des Ardoisières en hiver

C’est l’année suivante qu’a lieu une grande rencontre pour les vins Savoyards. Celle de Brice Ormont, ingénieur agronome de formation et aujourd’hui propriétaire du domaine, avec Michel Grisard. Brice Ormont, champenois d’origine cherchait à s’installer sur des terres « propres » où il pourrait conduire ses travaux en biodynamie. Entre les deux hommes, « It’s a match ! » tant leurs visions du travail des sols et de la vinification sont alignées. Michel Grisard propose alors à Brice Ormont de s’associer pour 10 ans. Finalement, en 2010, Brice Ormont devient le gérant majoritaire, Michel Grisard prenant tout doucement sa retraite.

En 10 ans de collaboration, les deux compères ont planté de nombreux cépages, parfois venus d’ailleurs, parfois autochtones, certains parmi les grands classiques de Savoie, d’autres beaucoup moins connus. 

Pour les blancs : jacquère, roussanne, altesse, mondeuse blanche, chardonnay et malvoisie

Et Pour les rouges : Mondeuse noire, gamay et persan

Brice Ormont conduit aujourd’hui 13 hectares de vigne en biodynamie. 

Le domaine jouit d’une grande diversité de sol sur deux grands coteaux (Cevins et Saint Pierre de Soucy)

Roche métamorphique de type micaschiste, sol limono-sablonneux et rarement argileux pour les Coteaux de Cevins. Roche sédimentaire, marnes schisteuses du jurassique, sol argilo-calcaire pour les Coteaux de Saint Pierre de Soucy.

Aux Ardoisières, on apporte un très grand soin à la qualité du raisin pour avoir le moins d’intrants lors des vinifications. Ainsi, les vins se veulent le reflet parfait du terroir local, et même de chaque parcelle. 

Travail de la terre des Ardoisières

Les vendanges sont réalisées à la main. Pour les blancs, elles sont faites en plusieurs fois, en fonction des maturités des différents cépages et de leurs caractéristiques propres. Suit un débourbage léger à froid, puis les moûts sont entonnés en cuve ou en barriques selon les cuvées. C’est là qu’a lieu la fermentation alcoolique à l’aide de levures indigènes (ces souches particulières à chaque parcelle favorisent l’expression du terroir). La fermentation malolactique n’est pas réalisée systématiquement et les vins sont ensuite élevés 9 à 18 mois avant d’être soutirés et mis en bouteilles.

3 cuvées : 

Argile (Jacquère, Mondeuse, Chardonay)

Quartz : 100% Altesse 

Schiste : Jacquère/Roussanne

Pour les rouges, les vendanges se passent de la même manière qu’avec les blancs. Ensuite, les raisins sont mis en cuve ouverte sans égrappage (vendange entière), avec le souci de préserver au maximum leur qualité. La fermentation alcoolique s’effectue avec des levures indigènes propres au terroir de chaque parcelle, comme pour les blancs. Le décuvage et pressurage est réalisé après deux à trois semaines de macération, selon les millésimes. Suit la fermentation malolactique puis l’entonnage des vins en cuve ou en barrique, où ils séjourneront autant que les blancs, de 9 à 18 mois.

2 cuvées : 

Argile : Gamay Mondeuse, Persan

Améthyste : Persan, Mondeuse

Aux Ardoisières, le choix de la qualité et la longueur des bouchons est essentiel, pour favoriser l’aptitude à la garde longue.

Depuis peu, le domaine a créé la « Maison des Ardoisières », une structure de négoce visant à proposer des vins à des prix plus « accessibles ». Le domaine achète des raisins bio à des domaines voisins et les vinifie selon ses méthodes. Parmi les cuvées produites, on trouve Silice, dispos chez Cadi et Cadence en blanc et en rouge.

Les Ardoisières et Bernardino Femminielli

Pour le premier accord de l’année, nous avons choisi le superbe LP “Dans les yeux d’Iris” du fameux Bernardino Femminielli sorti en novembre dernier sur Corps Double, label parisien fondé en 2021 et lancé avec cet album. 

Le québécois d’origine salvadorienne désormais installé à Paris, de son vrai prénom Bernardino et dont le nom de famille est inventé. Emprunté à la langue italienne, Femminielli désigne les travestis, transgenres ou transsexuels à Naples.

Un drôle de personnage moitié loufoque moitié sentimental, figure du crooner sensuel, à la limite du politiquement correct, en pantalon en cuir, queue de cheval, moustache et lunettes de soleil, quelque part entre Moroder et Gainsbard. Il nous propose ici, un exercice entre chanson française et balade dont les textes sont de Brice Isaac et la musique est signée Brad Cerini.

Bernardino Femminielli

Bernardino Femminielli, entertainer lucide et tempétueux, délaisse ici la performance et ses habits de cuir pour endosser le rôle d’agent triple dans une mise en abîme sentimentale, loin des tumultueux conflits moraux, politiques et philosophiques. Tour à tour conteur, voyeur et acteur de cette tragédie en six actes, c’est sa parole contre celle d’un autre.

L’autre c’est Brad Cerini

Bercé à la variété de son Italie, cet élève inconscient de Vannier, Lai et Musy projette Femminielli au cœur des tourments d’une lycéenne amoureuse trahie. S’éclipsant de l’ombre des palaces, la souris embrasse son destin d’un coup de revolver. Iris embarque dans un train d’enfer, assume ses excès de politesse et fait d’une rencontre inattendue un grandiose fait divers.” Corps Double

Pour accompagner la voix du crooner, direction la Savoie et la cuvée Silice Blanc du domaine des Ardoisières.

Les Ardoisières, c’est une aventure humaine qui débute en 1997 dans le petit village de Cevins, au fin fond de la vallée qui conduit à Albertville. Au-dessus du village, un coteau abrupt était autrefois planté de vignes à vocation vivrière. Les difficultés économiques et le dépeuplement ont eu raison des dernières productions. La friche a envahi le terrain, jusqu’à ce que Denis Perroux, le maire du village, voit dans la replantation un projet fédérateur pour ses administrés. Pour ce projet fou, il fallait des passionnés comme Michel Grisard, vigneron biodynamiste pur et dur de Fréterive, et Brice Omont. 

Arrivé en 2003 pour seconder Michel, Brice Omont, ingénieur agricole champenois, s’est investi sans compter dans le projet et se retrouve depuis 2008 à la tête d’un domaine qui compte désormais 16 hectares. La viticulture en biodynamie est ici héroïque (la pente peut atteindre 70 %), les rendements sont très faibles, les vins majoritairement issus de cépages complantés et assemblés. Les résultats s’avèrent admirables : les vins sont éclatants, originaux, et creusent encore l’écart au vieillissement. 

Domaine des Ardoisières entre deux montagnes Savoyardes

Cette magnifique cuvée faite en négoce, pleine de fraîcheur, est issue de vieilles jacquères 100% bio drastiquement sélectionnées – et bichonnées par lui toute l’année – chez ses amis et voisins vignerons sur la commune d’Apremont. 

Pour cet accord hivernal donc, on vous propose ce contraste entre la fraicheur de la jacquère et la rondeur de la voix de l’entertainer. On s’imagine déjà un soir d’hiver dans un chalet perché, un plat local bien fromagé, accompagné de l’éclat de Silice, un feu de cheminée, des peaux de bêtes, la voix de Femminielli, et nous rêvant des yeux d’Iris.